Le recul de l’appétit pour le risque sur les marchés mondiaux observé la semaine dernière a entraîné une baisse générale des actions à l'échelle mondiale, menée par les entreprises technologiques, grandes gagnantes de ces dernières années. Cela a fourni aux investisseurs sur les devises un nouveau prétexte pour acheter des valeurs refuge, mené une fois de plus par le dollar, suivi de près par le franc suisse. Les fluctuations sont toutefois restées globalement modestes. Les prix du pétrole continuent de s’effondrer à mesure que la panique liée aux pénuries s’apaise, et les marchés au comptant semblent inondés de barils. Les violations réciproques du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran ne contribuent guère à soutenir les prix dans cette région, même s’il semble y avoir des divergences évidentes entre les parties à propos de ce qu’ils ont réellement accepté. Quoi qu’il en soit, les investisseurs semblent impatients de tourner la page sur l’issue de ce conflit.
Les données macroéconomiques occupent le devant de la scène cette semaine. Aux États-Unis, c’est la « Semaine de l’Emploi » : plusieurs indicateurs clés du marché du travail seront publiés tout au long de la semaine, se terminant par la publication jeudi du rapport sur l'emploi du mois de juin. Les marchés s'attendent à un léger ralentissement par rapport au rythme effréné de la création d'emplois de ces trois derniers mois, pour atteindre un niveau qui reste compatible avec un marché de l'emploi solide. Dans la zone euro, l’estimation flash de l'inflation pour le mois de juin sera publiée mercredi. La premier impact positif de la baisse des prix de l’énergie devrait se répercuter à la fois sur l'indice global et sur l'indice sous-jacent. Concernant le Royaume-Uni, tous les regards seront tournés vers le choix du chancelier par le futur Premier Ministre Burnham afin d’évaluer la fermeté de son engagement envers les règles budgétaires.
EUR
Les indices PMI d'activité économique de juin ont rebondi à des niveaux cohérents avec une croissance modeste, à un taux annualisé d'environ 1 %. Nous sommes optimistes sur le fait que la combinaison de la baisse des prix de l'énergie et de la lente diffusion du plan de relance allemand de l'année dernière pourrait pousser ces chiffres modestement à la hausse, mais il est encore difficile de l'observer dans les chiffres. Les données sur l'inflation de cette semaine devraient offrir un certain soulagement à la BCE, mais les nombreux discours et communications de cette dernière lors de son forum annuel à Sintra, au Portugal, seront peut-être plus importants pour les marchés.
USD
Une série de surprises positives dans les données la semaine dernière (indices PMI, PIB, dépenses personnelles, commandes de biens durables) suggère que l'économie américaine continue de progresser grâce à des investissements solides, qui ne sont pas tous motivés par l'IA. Le test clé arrive cependant cette semaine, avec la publication des données sur l'emploi de juin jeudi, avant le jour de l'indépendance (Fourth of July). Maintenant que le président Warsh a promis de réduire considérablement le flux d'informations de la Réserve fédérale vers les marchés, les points de données clés comme la publication des salaires de cette semaine prennent une importance accrue pour les investisseurs.
GBP
La livre sterling continue de bien se comporter face aux autres devises européennes, ce qui suggère que le respect affiché d'Andy Burnham pour les règles budgétaires britanniques est pris au sérieux pour le moment, et qu'aucune prime de risque budgétaire n'est exigée de la livre. Bien que le calendrier des données soit léger, cette semaine devrait constituer un test clé de cette hypothèse. Nous pensons que les investisseurs sont trop cléments et n'intègrent pas la pression de la gauche travailliste pour augmenter les dépenses, que cela se fasse au prix d'une taxation encore plus élevée des entreprises ou d'une émission accrue de titres publics (Gilts). Quoi qu'il en soit, nous voyons peu de marge pour une appréciation supplémentaire de la livre sterling face à l'euro.
CHF
Le franc suisse a relativement bien résisté la semaine dernière face à la fermeté généralisée du dollar et s'est même offert une légère progression contre l'euro. La paire EUR/CHF revenant vers le seuil des 0,92. Cette dynamique s'explique probablement par la réévaluation à la baisse des taux d'intérêt de la zone euro, alors que les taux suisses sont restés globalement stables.
Du côté de la macroéconomie, les données suisses se sont fait rares la semaine dernière. En revanche, les prochains jours s'annoncent denses avec la publication d'indicateurs clés sur le moral des entreprises, les ventes au détail, les derniers indices PMI ainsi que les derniers chiffres de l'inflation. L'économie suisse a plutôt bien surmonté le choc lié au conflit iranien, et le récent accord de paix augure de bonnes perspectives pour les statistiques à venir.
