Les marchés prennent enfin conscience de la reprise des tensions entre les États-Unis et l'Iran ainsi que la hausse des prix du pétrole. Les actions ont reculé, certes modestement, mais surtout, les anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale continuent de s’intensifier. En effet, les marchés estiment à près de 50 % qu’une hausse interviendra dès la réunion de cette semaine. Le dollar s’est raffermi face à la plupart de ses homologues, ce qui est remarquable compte tenu de l’annonce de la dernière tentative de Trump d’instaurer des droits de douane et de les faire valider par le pouvoir judiciaire américain. Les anticipations en matière de politique monétaire sont à nouveau le principal facteur déterminant les fluctuations des devises.
L'annonce faite ce week-end selon laquelle les États-Unis et l'Iran suspendent leurs attaques marquera le début des échanges lundi. Toutefois, l'attention se portera bien sûr principalement sur la réunion de la Réserve fédérale américaine prévue mercredi, qui s'annonce particulièrement attendue – même si nous ne prévoyons toujours aucun changement. La Banque d'Angleterre se réunira également jeudi, mais aucune décision n'est attendue. La semaine s'achèvera vendredi avec la publication du rapport préliminaire sur l'inflation dans la zone euro pour le mois de juillet.
EUR
Comme prévu, la BCE a maintenu ses taux inchangés et a refusé de s'engager sur une trajectoire de hausse, soulignant que ses décisions dépendent des données économiques. La combinaison d'une hausse des prix de l'énergie et d'une amélioration des indicateurs économiques conduit les opérateurs à anticiper une probabilité de 80 % d'une nouvelle hausse lors de la réunion de septembre. Le rebond surprenant des indices avancés PMI de juillet vient renforcer cette opinion. Les données sur l'inflation de cette semaine pourraient contribuer grandement à sceller la hausse de septembre, les économistes s'attendant à ce que l'indice global reste très proche de 3 % et donc nettement au-dessus de l'objectif de la BCE.
USD
Les indicateurs économiques publiés la semaine dernière ont confirmé la tendance globalement positive de l’économie américaine. Les données du deuxième trimestre, qui seront publiées cette semaine, devraient montrer une croissance de l’économie américaine proche de 6 % en termes nominaux, sans aucun signe de ralentissement, et une inflation qui reste, pour la sixième année consécutive, nettement éloignée de l’objectif de la Fed. Cet ensemble de faits, ajouté à la nouvelle hausse des prix de l'énergie, donnera des arguments aux partisans d'une politique monétaire restrictive au sein du FOMC cette semaine. Même si nous ne prévoyons pas de hausse des taux, nous pensons que les déclarations de la banque centrale seront sans équivoque restrictives.
CHF
À nouveau, les cours du pétrole augmentent sous l’effet des tensions au Moyen-Orient, les anticipations de hausse des taux d’intérêt mondiaux s’intensifient, et le franc suisse est mis sous pression par l’élargissement des écarts de taux. La semaine dernière a suivi ce schéma : le franc a figuré en bas du classement de l’indice G10, en recul de plus de 1 % face à son homologue, le dollar américain, considéré comme une valeur refuge plus attractive.
Au niveau des données nationales, l’attention s’est portée sur le commerce extérieur. L’excédent s’est creusé au deuxième trimestre, mais les exportations ont chuté en juin (-6 % en glissement mensuel en termes réels), et la nouvelle offensive tarifaire de Trump menace de mettre un frein supplémentaire au moteur de la croissance suisse. Les ventes au détail de juin, attendues vendredi, seront suivies de près avant la publication du PIB du deuxième trimestre le mois prochain. De nouvelles données sur le moral des ménages et des entreprises seront également publiées cette semaine et pourraient s’affaiblir davantage dans un contexte de tensions renouvelées entre les États-Unis et l’Iran. L’évolution de la situation sur ce front devrait rester déterminante pour le franc suisse, compte tenu de sa sensibilité à la réévaluation des taux. La réunion de la Fed de cette semaine pourrait être tout aussi importante.
