Lors de sa réunion de septembre tenue la semaine dernière, la Réserve fédérale a relevé ses taux d'intérêt et tenu un discours très ferme rappelant que sa priorité absolue reste la maîtrise de l'inflation. À l'échelle mondiale, les taux d'intérêt ont poursuivi leur récente dynamique haussière, désormais tirés par les taux à court terme, la BCE, la Fed, la Banque du Japon et la Banque d'Angleterre laissant toutes entendre que leur tolérance face à une inflation supérieure à leur objectif touche à sa fin. Dans ce contexte, les marchés actions ont baissé et le dollar s'est apprécié face à la quasi-totalité des devises majeures. Traders et économistes, nous y compris, revoient leurs prévisions de taux à la hausse, tandis que le manque d’avancée dans la résolution du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis alimente un climat d'incertitude.
Les réunions des banques centrales de septembre sont désormais passées, les perspectives de taux directeurs ont changé au désavantage des actifs à risque dans leur ensemble.Pour autant, les marchés boursiers font preuve de résilience et évoluent toujours à proximité de leurs sommets historiques. La semaine s'annonce relativement calme en indicateurs majeurs et en annonces monétaires. Le rendez-vous principal aura lieu mercredi avec la publication des indices PMI d'activité. Nous restons optimistes et anticipons des chiffres qui confirment la modeste reprise de la croissance observée récemment en zone euro, aux États-Unis et au Royaume-Uni.
EUR
L'économie de la zone euro fait preuve d'une résilience remarquable malgré le choc énergétique. Les PMI de cette semaine devraient confirmer ce constat et le sous-indice manufacturier pourrait même réserver une bonne surprise grâce au rebond de l'industrie allemande, soulagée par la remontée des eaux du Rhin, et aux retombées de l'augmentation des budgets de défense. L'inflation globale ne laissant aucun répit à la BCE, nous anticipons une nouvelle hausse des taux en décembre, ce qui devrait permettre à l'euro de se renforcer progressivement face au dollar.
USD
Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, imprime sa marque au sein de l'institution en adoptant une posture restrictive. Sa proposition d'une hausse de 25 points de base a été votée à l'unanimité, et sa brève conférence de presse a confirmé sa ligne claire : controler l'inflation. Les marchés intègrent désormais pleinement une hausse supplémentaire d'ici décembre 2026, avec une probabilité de 50% qu'elle intervienne dès la réunion de novembre. Nous prévoyons une ultime hausse pour ce cycle, un niveau qui devrait suffire en l'absence d'effets secondaires marqués de l’inflation, sauf dégradation nette au Moyen-Orient. Notre scénario reste toutefois très dépendant des statistiques américaines et repose sur l’hypothèse qu'aucune mauvaise surprise ne viendra entacher les prochaines publications d’inflation.
CHF
Le franc suisse a surperformé face à la plupart des autres devises la semaine dernière. Cela s'explique principalement par la sous-performance du yen et la révision à la baisse des taux attendus au Japon, ce qui rend le franc moins attractif pour emprunter à bas coût (carry trade). La chute des prix du pétrole a aussi aidé en freinant la hausse des taux mondiaux, qui pesait sur le franc. Les derniers chiffres des exportations suisses apparaissent très volatils et illustrent à quel point les données sont altérées par la politique douanière de Trump : la hausse mensuelle de 11,2 % en termes réels enregistrée en juillet (revue à la hausse) a cédé la place à un repli de 8,6 % en août.
Tous les regards sont tournés vers la Banque nationale suisse (BNS) cette semaine. Il n'y aura très probablement aucun changement sur les taux, l’attention sera portée sur ses annonces et ses nouvelles prévisions d'inflation. Même si la hausse de l'énergie et le repli du franc font légèrement grimper les risques d'inflation, la BNS ne devrait pas changer de cap. Nous avons récemment ajusté nos prévisions pour la BCE et la Fed, mais nous ne prévoyons toujours pas de hausse de taux en Suisse.
