La hausse continue des rendements obligataires mondiaux reste l'élément central pour les marchés financiers. Fait inhabituel, ce mouvement a été plus marqué dans les pays du G10 que sur les marchés émergents, même si ces derniers ont commencé à combler l'écart la semaine dernière. Autre rupture avec les habitudes : les marchés actions ont largement ignoré ce mouvement, les indices américains, européens et japonais restant proches de leurs sommets historiques. Du côté des devises, le calme domine pour l'instant, mais le dollar sort clairement gagnant de cette baisse générale des obligations.
Cette semaine, l'attention des investisseurs se portera sur deux indicateurs macroéconomiques majeurs publiés ce vendredi. D’un côté, nous aurons la première estimation de l'inflation de septembre dans la zone euro: les économistes s'attendent à un net rebond de l'inflation globale, qui confirmerait les anticipations d'au moins une hausse de taux supplémentaire de la BCE cette année. Plus tard dans la journée, il y aura la publication côté américain du rapport sur les créations d'emplois non agricoles (NFP). Compte tenu de la fragilité du marché obligataire, les chiffres de l'inflation PCE américaine de la veille pourraient également faire bouger les marchés, en particulier en cas de surprise à la hausse.
EUR
La hausse surprise des chiffres PMI de septembre sur l'activité des entreprises sont venus renforcer le scénario d'une accélération de la croissance en zone euro. La première estimation d'inflation attendue cette semaine devrait montrer un rebond de l'inflation tant pour l'indice global que pour l'indice sous-jacent, soutenant davantage les inquiétudes de la BCE et son discours ferme. Dans ce climat de tension sur la dette souveraine, les OAT françaises connaissent une période particulièrement difficile, la prime de risque par rapport aux Bunds allemands s'écartant jusqu'à des niveaux inédits depuis la crise de l'euro en 2012. La BCE peut toutefois se rassurer en constatant que les écarts de taux des autres pays périphériques restent stables. Néanmoins, l'échéance présidentielle française de 2027 constitue déjà un facteur de risque en toile de fond pour la monnaie unique.
USD
Le scénario d'une croissance en hausse et de pressions inflations persistantes aux États-Unis sera mis à l'épreuve cette semaine par la déferlante de données sur le marché du travail de septembre et par le rapport sur l'inflation PCE d'août. L'anticipation par le marché de plus de trois hausses de taux avec un taux terminal de la Fed proche de 5 % semble exagérée, mais la dynamique de vente sur les marchés obligataires rend généralement difficile une position à contre-courant. Avec le conflit entre les États-Unis et l'Iran loin d'être résolu, la Fed ayant balayé les doutes sur son indépendance et le contexte général de repli mondial des obligations créant des tensions, le dollar semble avoir trouvé ses marques.
GBP
Les indices PMI de la semaine dernière ont été décevants, tranchant avec la plupart des données réelles (mais décalées) reçues récemment du Royaume-Uni. Le contraste avec les chiffres bien meilleurs en zone euro s'est traduit par une poursuite de la lente dépréciation de la livre sterling face à la monnaie unique. Dans les points positifs, les Gilts surperforment actuellement les autres obligations souveraines en termes relatifs, peut-être soutenus par les rendements les plus élevés du G10. Compte tenu de l'instabilité des marchés obligataires, le budget d'octobre s'impose comme le risque majeur à l'horizon pour les actifs britanniques dans leur ensemble.
CHF
La surperformance du franc s'est poursuivie la semaine dernière, marquant un moment rare ces derniers mois où les trois monnaies refuges ont occupé la tête du classement du G10. Comme attendu par l'ensemble du marché, la Banque nationale suisse a laissé ses taux inchangés. Son discours s'est toutefois montré plutôt accommodant : contrairement à plusieurs autres banques centrales, elle ne semble pas préoccupée par les effets de second tour du choc pétrolier provoqué par la guerre en Iran. Elle a également abandonné la mention d'une « disposition accrue » à intervenir sur le marché des changes, tout en conservant son engagement habituel d'agir si nécessaire, ce qui ne constitue pas un signal majeur au vu de la faiblesse récente du franc.
La prévision conditionnelle d'inflation a été légèrement relevée, reflétant principalement des prix du pétrole plus élevés que prévu et un franc plus faible. Néanmoins, avec une hausse des prix qui devrait s'établir en moyenne sous 1 % sur un horizon de trois ans, nous ne voyons aucune raison d'anticiper un resserrement de la politique de la banque dans un avenir proche. Pour la suite, l'attention se portera principalement sur les données d'inflation de septembre publiées jeudi, parallèlement à d'autres publications.
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Mardi 29 septembre 2026 | 16h00 CEST
