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Quand le doute sur l'IA fait reculer le billet vert

Le dollar américain signe sa première baisse hebdomadaire en plus d'un mois, malgré une inflation plus forte que prévu en septembre. Cette dernière est ressortie à 3.7%, l'inflation sous-jacente a surpris à la hausse et les prix à la production ont bondi. Ces chiffres ont d'abord fait grimper le billet vert et les taux obligataires, mais ce mouvement s'est totalement inversé vendredi. Le rendement à 10 ans a perdu environ 15 points de base sur la semaine, et le dollar a cédé du terrain face à la plupart des grandes devises. L’élément déclencheur a été la vente massive des actions liées à l’IA. Les investisseurs ont cherché refuge dans les obligations d'État et le franc suisse, délaissant le dollar. L'incapacité du billet vert à profiter d'une forte inflation et d'un climat d'aversion au risque montre que le marché est désormais saturé. La plupart des spéculateurs acheteurs sont déjà positionnés. Les données le confirment, et nous estimons que le dollar a atteint un plafond, du moins pour le moment.

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Alors que la Fed entre dans sa période de réserve avant sa réunion d'octobre, le marché attend ce vendredi la publication des indices PMI de l’activité du mois d’octobre en zone euro, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Outre-manche, les chiffres de l'emploi mardi et l'inflation mercredi constituent les derniers indicateurs clés avant la décision de la Banque d'Angleterre le 5 novembre. Côté chinois, le PIB du troisième trimestre sera publié lundi, un rendez-vous crucial au vu de la fragilité de la demande interne. La volatilité sur les marchés actions pourrait se répercuter sur les devises avec les résultats de Tesla et Meta mercredi, alors que le secteur de l'IA est devenu le principal moteur des marchés. La semaine prochaine s'annonce chargée avec le budget britannique et la décision de la Fed le 28, suivis par la BCE le lendemain.

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EUR

L'euro s'est offert un léger répit, enregistrant sa première hausse hebdomadaire en plus d'un mois et sa plus forte progression quotidienne depuis deux mois jeudi. La monnaie unique a directement profité du repli du dollar, les paris baissiers sur l'euro ayant atteint un point haut historique. Ces rachats de positions vendeurs pourraient prolonger le rebond, même sans bonne nouvelle particulière venue de Paris. Les fragilités de fond n’ont pas disparu : l'assainissement des finances publiques françaises reste improbable avant la présidentielle de l'an prochain, et la BCE semble réticente à durcir davantage sa politique. Les indices PMI de vendredi constitueront le seul repère avant la réunion de la BCE la semaine prochaine.

USD

Notre scénario d'une modération de l'inflation sous-jacente ne s'est pas vérifié, cette dernière ressortant à +0,3 % en septembre. Si le marché a brièvement intégré une hausse de taux de la Fed en octobre, les propos mesurés de plusieurs dirigeants ont vite calmé les anticipations. Nous maintenons notre prévision d'un statu quo ce mois-ci, même si le débat s'annonce plus divisé que lors du précédent comité. La séance de la semaine dernière montre surtout que les mauvaises nouvelles sur l'inflation ne suffisent plus à porter le dollar. Si la correction sur l'IA s'accentue, ses retombées sur la croissance et l'investissement américains pèseront directement sur la devise. À la différence du choc obligataire de septembre, la nervosité autour de l'IA est une problématique 100 % américaine, en période de stress, la recherche de sécurité ne se porte donc plus sur le dollar.

GBP

La livre sterling a le mieux performé la semaine dernière, gagnant près de 1 % face au dollar et s'appréciant légèrement face à l'euro. La croissance du PIB britannique en août a agréablement surpris, ramenant le rythme annuel à son plus haut niveau depuis quatre ans. Les emprunts d'État ont suivi le mouvement de hausse mondial, tandis que le FMI a estimé que Londres n'avait pas besoin de précipiter la réduction de son déficit, offrant un peu d'air avant la présentation du budget. Le gouverneur Andrew Bailey a par ailleurs indiqué que la hausse de l'énergie n'alimentait pas pour l'instant les salaires et l'inflation globale. Dès lors, les données de cette semaine seront déterminantes pour confirmer le relèvement de taux largement attendu en novembre. Avec une économie qui résiste et un risque budgétaire qui s'atténue, nous voyons la livre orientée à la hausse.

CHF

Le franc suisse poursuit sa progression face à la monnaie unique, la parité EUR/CHF est au plus bas depuis juillet et se rapproche du seuil psychologique des 0,92. Le franc s'impose comme l'une des plus performantes du G10 ces derniers temps. Elle profite à la fois des révisions à la baisse des anticipations de taux dans les grandes économies, des incertitudes politiques et budgétaires, mais aussi des doutes récents autour de l'IA. Côté suisse, l'actualité est restée discrète, marquée seulement par la publication des prix à la production et à l'importation de septembre. Comme ailleurs, la forte hausse des prix de l'énergie tire l'indice vers le haut, même si la trajectoire annuelle reste ancrée en territoire négatif, une dynamique déflationniste qui dure depuis plus de trois ans.

Pour la suite, les regards se porteront ce mardi sur les chiffres des exportations de septembre. Cet indicateur s'est montré particulièrement instable ces derniers mois, dans le sillage de la politique commerciale américaine. Plus que sur la macroéconomie locale, le franc suisse devrait continuer de calquer sa trajectoire sur l'environnement international. Si les anticipations de baisse de taux dans les pays développés semblent désormais intégrées, notamment sur la partie courte de la courbe, le franc devrait rester très soutenu à court terme par le flou politique et budgétaire en Europe ainsi que par le climat d'aversion au risque si la correction sur l'IA se poursuit.

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Analyses d'experts :

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