Le fragile cessez-le-feu en Iran donne des signes de faiblesse : les États-Unis s’efforcent de briser le blocus imposé par Téhéran tout en maintenant leurs propres restrictions. Dans ce contexte, les marchés des changes restent prudents et évoluent dans des marges étroites. Seul le Yen japonais s’est distingué la semaine dernière par une nette progression, après que les autorités nippones sont passées de la menace à l’action en intervenant directement. À l’inverse, les devises latino-américaines ont souffert, en particulier le peso colombien, déstabilisé par la décision inattendue de sa banque centrale de ne pas modifier ses taux. Globalement, l'absence de directives claires lors des réunions de la Fed, de la BCE et de la BoE a figé les principales monnaies dans un statu quo.
Cette semaine, l’évolution des hostilités demeurera le facteur déterminant pour la finance mondiale. Le cessez-le-feu vacille actuellement sous la pression des tentatives américaines de débloquer le détroit d'Ormuz et des ripostes iraniennes. Parallèlement, l’actualité macroéconomique reprend ses droits : les États-Unis publieront plusieurs indicateurs sur l’emploi, dont le très attendu rapport sur les salaires (payrolls) vendredi. Jusqu'ici, l'économie américaine semble imperméable aux conséquences de la guerre, contrairement à l’Europe ou au Royaume-Uni. Les chiffres à venir confirmeront, ou non, cette résilience.
Les devises en détails
EUR
Si la BCE a opté pour le statu quo, elle a quasiment acté une hausse des taux pour juin. Les investisseurs anticipent désormais deux relèvements d'ici la fin de l'année. Toutefois, l’impact du conflit sur le moral des entreprises européennes a été plus lourd qu'escompté, suggérant que les marchés misent sur une baisse rapide des prix de l'énergie pour justifier de telles hausses. Malgré un PIB décevant au premier trimestre, nous restons optimistes pour l'euro, tout en guettant un signe de rebond dans les indicateurs avancés.
USD
L’économie américaine continue de défier la crise énergétique et les tensions géopolitiques. Les données sur l'emploi signalent une accélération des embauches, les commandes de biens durables sont solides et les investissements dans l'IA soutiennent l'activité. En interne, la division s'installe à la Fed : une faction « faucon » déterminée émerge, ce qui pourrait entraver la volonté de Donald Trump et de Kevin Warsh de baisser les taux. Enfin, l'influence des gros titres de guerre s'estompe, le dollar restant de marbre face aux dernières escalades.
GBP
La Banque d'Angleterre a maintenu ses taux à 3,75 % la semaine dernière, l'apparition d'un vote minoritaire en faveur d'une hausse marque un tournant. Le marché prévoit deux hausses de taux d’ici fin de 2026. Le mois d'avril a été marqué par des nouvelles économiques majoritairement positives, contrastant nettement avec la situation de la zone euro, et la livre a relativement bien réagi. Le scrutin local du 7 mai sera toutefois un test politique majeur pour le gouvernement actuel. Une défaite cuisante des Travaillistes (Labour) pourrait condamner le mandat de Keir Starmer, au profit de l'aile gauche radicale du parti, un scénario qui serait certainement préjudiciable pour la livre.
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