L'inflation américaine de juillet est ressortie exactement comme prévu, et l'actualité globale n'a pas suffi à faire bouger les marchés. Vendredi, les actions, les obligations et le dollar ont terminé la semaine presque à leur niveau d'ouverture de lundi, ce qui est typique du calme de la période estivale. Le conflit en Iran semble s'installer dans la durée, dans une logique de résilience économique face aux États-Unis, et ne génère pour l'instant pas de gros titres susceptibles de faire réagir les marchés. De leur côté, les responsables de la Réserve fédérale ne dévoilent pas leurs intentions concernant la prochaine réunion de septembre, tandis qu'une hausse des taux de la BCE à la même période semble certaine. Le mouvement le plus marquant de la semaine a été celui du réal brésilien, pris dans la liquidation des actifs brésiliens en raison des craintes d'une victoire de la gauche aux prochaines élections présidentielles.
Cette semaine s'annonce tout aussi calme sur les marchés. L'événement majeur sera la publication mondiale, vendredi, des indices PMI du mois d'août. Ces données seront particulièrement suivies dans la zone euro, car les statistiques économiques officielles y mettent plus de temps à être publiées. Au Royaume-Uni, l'évolution de la livre sterling dépendra des rapports sur l'emploi de juin et juillet publiés mardi et des chiffres de l'inflation de mercredi. Les minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale, qui seront publiées ce mercredi, pourraient également attirer plus d'attention que d'habitude compte tenu du virage de la banque centrale américaine vers une communication réduite et moins d'indications prospectives.
EUR
Portés par la bonne dynamique économique du deuxième trimestre ainsi que la persistance de l'inflation (qui pourrait s'aggraver avec le niveau bas du Rhin et son impact sur les coûts de transports), les marchés intègrent désormais une nouvelle hausse des taux en septembre avec une quasi-certitude. Nous partageons ce point de vue, c'est pourquoi nous anticipons toujours une hausse progressive de l'euro d'ici 2027. Cette semaine, une publication robuste du PMI, synonyme de croissance stable, et la hausse attendue des salaires négociés, au second trimestre, devraient venir confirmer notre scénario.
USD
Aux États-Unis, la demande comme les pressions sur les prix semblent ralentir. Les publications mensuelles de l'inflation sous-jacente s'établissent en moyenne à environ 0,2 % depuis le début de la guerre (soit un peu plus de 2 % sur un an), sans vraiment subir de contagion liée à la hausse de l'énergie. Même si nous restons prudents face aux enquêtes sur l'emploi, les données concrètes comme les ventes au détail confirment le ralentissement de la demande. Il ne reste qu'un seul rapport sur l'emploi et un autre sur l'inflation avant la réunion de la Fed en septembre. Il nous semble peu probable que ces chiffres surprennent suffisamment à la hausse pour pousser les partisans d'une politique monétaire stricte à imposer une hausse des taux. Nous maintenons donc notre prévision de taux inchangés.
GBP
Les dernières données trimestrielles et mensuelles du PIB britannique ont confirmé que l'économie croissait à un rythme correct (environ 1,5 % par an) au moment où Andy Burnham est devenu Premier ministre. Il sera intéressant d’observer si cette dynamique se maintient au troisième trimestre 2026, moment où l'évolution de l'économie pourra commencer à lui être directement attribuée ou reprochée. Les chiffres de l'inflation et de l'emploi de cette semaine aideront la Banque d'Angleterre à décider d'une éventuelle hausse des taux en 2026. Nous pensons qu'elle ne le fera pas, et le marché s'aligne doucement sur notre avis. Nous prévoyons que l'inflation sous-jacente continuera de se rapprocher de l'objectif de la banque centrale pour marquer une légère baisse à 2,5 % sur un an.
