Le timide rebond du dollar s’est brutalement interrompu ce week-end. La Cour suprême des États-Unis a jugé illégaux la plupart des tarifs douaniers imposés par Donald Trump. Bien que le président ait réagi en instaurant une taxe générale de 15 % pour 150 jours sur une nouvelle base juridique, le commerce américain plonge dans l’incertitude. Les marchés boursiers sont restés calmes, signe que cette décision était déjà anticipée. En revanche, les obligations ont toutefois chuté: la perte de revenus tarifaires fragilise les perspectives budgétaires des États-Unis. Pour l’instant, aucun des mouvements de marché n'a cependant été dramatique, les investisseurs restent prudents et attendent les prochaines mesures de la Maison-Blanche.
Le risque politique revient au centre des préoccupations sur le marché des changes. Outre la décision de justice et la réaction de Trump, la probabilité d'une intervention militaire américaine en Iran captera l'attention des marchés cette semaine. Celle-ci sera très calme sur le plan macroéconomique, avec peu de nouvelles notables attendues dans les principales zones économiques. La semaine sera exceptionnellement chargée par de nombreuses interventions de responsables de la Fed, de la BCE et de la Banque d'Angleterre.
Les principales devises en détail
EUR
Les indices PMI d'activité commerciale ont légèrement surpris à la hausse. Surtout, la hausse des salaires négociés (près de 3 % en rythme annuel) confirme que le prochain mouvement de la BCE sera probablement une hausse des taux. Les nouvelles sur les tarifs douaniers ce week-end ont toutefois éclipsé cela, le Parlement européen ayant suspendu ses travaux sur le traité commercial avec les États-Unis en attendant que le chaos côté américain soit résolu. La réaction initiale du marché a été d'acheter de l'euro, confirmant ainsi la consolidation de la monnaie unique comme valeur refuge durant les turbulences politiques aux États-Unis.
USD
Les nouvelles macroéconomiques et politiques ont été éclipsées par la décision sur les tarifs douaniers vendredi, mais il convient de noter que toutes les données ont soutenu les "faucons" de la Fed la semaine dernière. Les commandes de biens durables, une série de données sur le logement et les inscriptions hebdomadaires au chômage ont toutes été plus fortes que prévu. Par ailleurs, le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed était très restrictif et suggère que plusieurs membres du FOMC sont proches d'envisager des hausses du taux au jour le jour. Quel que soit le degré de souplesse que le nouveau président, Kevin Warsh, tente d'afficher, il aura du mal à entraîner le reste des membres votants. Bien entendu, le nouveau chaos tarifaire occupe désormais le devant de la scène, mais ni l'économie américaine ni la Fed ne semblent encore prêtes pour un cycle de baisse des taux.
GBP
Les nouvelles économiques britanniques ont été assez positives la semaine dernière. L'inflation sous-jacente et les ventes au détail de janvier ont dépassé les attentes. L'aspect le plus positif a été la surprise à la hausse de l'indice PMI. Si ces fondamentaux soutiennent la livre, le risque politique pèse à court terme. Le gouvernement travailliste joue gros ce jeudi lors d'une élection partielle cruciale où l'un de ses sièges est menacé.
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