La décision de la Réserve fédérale d’opérer une “baisse de taux hawkish” (hawkish cut) la semaine dernière a surpris les marchés.
Il apparaît clairement que de nouvelles baisses de taux ne font pas encore consensus au sein de la Banque centrale américaine. L’ensemble des classes d’actifs a réagi de manière classique à cette surprise : les taux d’intérêt se sont tendus, les spreads de crédit se sont élargis, les marchés actions ont reculé et le dollar s’est renforcé.
Le billet vert a progressé face à toutes les principales devises mondiales. La livre sterling a été la plus pénalisée, la Banque d’Angleterre semblant adopter une trajectoire opposée à celle de la Fed, et laissant entrevoir un assouplissement monétaire supplémentaire. Fait notable, les devises émergentes ont globalement mieux résisté que les devises du G10, enregistrant des replis plus limités face au dollar.
Sur le plan macroéconomique, aucune issue n’est encore en vue concernant la fermeture partielle du gouvernement américain, ce qui laisse présager peu de nouvelles économiques significatives cette semaine aux États-Unis.
L’attention se portera donc principalement sur le rapport ADP sur l’emploi privé, attendu mercredi, qui devrait retenir davantage l’attention qu’à l’accoutumée en l’absence des chiffres officiels.
En Europe, la Banque d’Angleterre se réunira jeudi, tandis que les ventes au détail de la zone euro seront publiées le même jour. Comme souvent, ces statistiques, portant sur le mois de septembre, devraient apporter peu d’éléments nouveaux sur la conjoncture récente.
Les principales devises en détail
EUR
Une légère surprise positive sur la croissance du PIB du troisième trimestre dans la zone euro est venue confirmer l’amélioration observée dans les enquêtes de confiance des entreprises. Dans le même temps, la réunion sans surprise de la Banque centrale européenne la semaine dernière a confirmé la fin du cycle de baisse des taux dans la région. Le ton plus restrictif de la Réserve fédérale américaine a récemment poussé l’euro vers le bas de sa fourchette de fluctuation comprise entre 1,14 et 1,19, en place depuis le mois de juin. Toutefois, la résilience de l’économie de la zone euro, conjuguée aux premiers effets attendus du vaste plan de relance budgétaire allemand, nous conduit à considérer que l’euro redevient attractif à ces niveaux.
USD
Bien que la Réserve fédérale ait procédé, comme prévu, à une réduction de ses taux directeurs la semaine dernière, le message de Jerome Powell s’est voulu clairement restrictif. Le président de la Fed a souligné qu’une nouvelle baisse lors de la réunion de décembre est loin d’être acquise. Des déclarations d’autres responsables régionaux de la Fed, qui deviendront votants en 2026, ont renforcé ce ton plus « hawkish », illustrant le décalage croissant entre les anticipations du marché et la position de la Banque centrale quant au rythme et à l’ampleur d’éventuelles baisses supplémentaires. Dans l’attente de la réouverture du gouvernement fédéral et de la reprise de la publication des indicateurs économiques, les tensions entre l’administration Trump et la Réserve fédérale devraient revenir au premier plan des préoccupations des marchés dans les jours à venir.
GBP
La faiblesse persistante de la productivité au Royaume-Uni devrait entraîner une révision à la baisse des prévisions de croissance, ce qui pourrait à son tour contraindre le gouvernement à un nouvel ajustement budgétaire dans le cadre du budget attendu le 26 novembre. Certains membres de la Banque d’Angleterre ont récemment adopté un discours plus accommodant, et les marchés intègrent désormais une probabilité d’environ 30 % d’une baisse de taux lors de la réunion de jeudi. Nous continuons toutefois à penser que les membres les plus restrictifs (« hawks ») devraient l’emporter et que les taux resteront inchangés, même si plusieurs voix dissidentes pourraient plaider en faveur d’un assouplissement. Dans ce contexte, la sous-performance persistante de la livre sterling commence à offrir une opportunité d’achat intéressante, compte tenu du niveau élevé des taux britanniques et de la résilience des indicateurs économiques.
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